Vous, au moins, vous savez comment me remonter le moral et me rassurer... Merci de me dire que je suis nulle, feignante et grosse, merci de me rappeler que ce n'est pas un futur que j'ai dans la tête mais un immense point d'interrogation, merci de me renfoncer dans mon incapacité à y arriver, merci surtout de me comparer à elle dans chaque reproche que vous venez de me faire, sans même vous en rendre compte je suis sûre... Je ne suis pas triste, je n'en peux plus c'est tout. C'est tout une habitude, un mode de vie, des envies et un avenir planifié qui s'écroulaient petit à petit jusqu'à ce qu'aujourd'hui cette goutte d'eau fasse déborder mon vase de rancoeur, de déception et de compréhension. Tu dis qu'il ne faut pas que je sois triste et qu'il faut savoir rebondir, mais non seulement je ne suis pas triste mais ce que tu ne comprends pas c'est que je rebondis depuis le début, je ne fais que ça, un échec... oh c'est normal c'est le début, un deuxième... bon on remonte ses manches, un troisième... on se motive je vais y arriver... Mais là non, j'en peux plus, ça sature là-haut. Je ne peux plus. Je ne peux plus faire semblant de prendre ça à la légère, de faire comme si ça ne m'atteignait pas, et pourtant je m'en étais si bien convaincue... Et cette grande indécision sur ma personne, sur ce que je vais faire, sur ce que je dois faire, sur ce que j'ai envie de faire. Sans aucune indication ou envie pour me guider, juste ma complète perdition dans les aléas de ce qu'on appellera ma vie. Ma vie qui ne tourne plus qu'autour d'une seule chose, d'une seule personne. Cette personne qui sait me réconforter, qui en un seul regard peut me faire oublier tout ce qui ne va pas et me redonner le sourire. Cette personne qui me prend dans ses bras quand je vais bien autant que quand ça ne va pas. Cette personne qui a compris comment je fonctionnais et comment il fallait m'amadouer.
Cette personne que j'aime de tout mon coeur et plus que n'importe quoi.